Bref, à la base To Aru Kagaku No Railgun vient d'un de ses fameux light novel qu'on ne voit pas... plus... qu'on ne verra certainement pas en France, puis qui est ensuite devenu un manga pour ensuite sauter le pas et capitaliser sur le "succès" de Index pour avoir sa propre adaptation animée. Evidemment, une adaptation aussi rapide de Railgun (six mois à peine après la fin de Index) amène son lot de problématiques, la première étant que le manga... n'en est pas assez loin dans sa parution pour être correctement adapté. Et le light novel ? Je sais pas, brt, me posez pas la question, je demande un contre-interrogatoire. Donc bref, du coup Railgun c'est 50% adaptation et 50% fillers. Oui. Fillers. Et là attention je pose un nouveau terme dans l'équation: JC Staff. Ok. Respirez fort. Fillers. JC Staff. Quelle est votre conclusion ?

OUIIIIIIIIII. CA VA ETRE UN PEU CHIANT EST EXACTEMENT CE QU'IL FALLAIT PENSER.

M'enfin, à ce qu'il paraît, c'est l'écrivain du light novel qui a écrit les fillers exclusivement pour l'anime, donc c'est canon, donc tout ça. Ah bon, nous voilà rassuré. Après tout Tite Kubo a participé à Bleach Memories of Nobody et c'était un tr... ah mais non c'est pas rassurant du tout en fait ! Bon bref je m'égare un peu dans ma prose qui part un peu dans tous les sens, qu'est-ce que vous voulez c'est le stress, Cannes, le festival toute cette pression. Bon où j'en étais ? Ah oui, les filles tout ça. En fait tout comme Index, on peut diviser Railgun en "arcs" bien distincts, dont voici un schéma explicatif du bordel:
OMG ILLISIBLE
C'est moi qui l'ait fait !

Globalement ça résume bien le truc: les cinq premiers épisodes sont donc des "introductions" à l'univers et compagnie, et ça passe en général plutôt bien, surtout qu'on a un peu d'action, un léger fil rouge mais bon ça fait un peu léger pour un début on va l'avouer. Commence alors l'arc "Level Upper" qui est lui plutôt sympa et qui se fini sur de la bonne baston contre boss de fin de niveau comme je kiffe en mater. Donc là encore pas trop de problèmes, à ce moment là Railgun est un divertissement honorable qui est tout à son honneur (!) mais commence ensuite une belle série de... meh. Après un premier épisode filler très centré fanserv/comédie lourdingue (la série Index n'a jamais vraiment brillée par son humour: Railgun est rarement plus fin), on commence le développement pas à pas de quasiment tous les personnages secondaires auquel les personnages ont parlés au moins une fois. Et c'est parfois... très... très... chiant. L'arc "Big Spider" amène quelques points intéressants mais passe plutôt mal, l'épisode centré sur la sidekick d'Antiskill est juste tétra péééénible, l'arc sur la directrice du dortoir est du Kobato Leader Price enfin bref je peux m'abaisser longtemps à des petites phrases de dépit et de méchanceté gratuite mais wow, comment c'est pas excitant du tout. J'ai même laché complétement la vision hebdomadaire de la série à partir de ce point, tellement c'était gonflant. Il y'a malgré tout un ou deux bons épisodes dans le lot (le 19 se laisser mater et se finit sur une bonne surprise de la part de la série) mais sic... vous vous souveniez dans ma critique de Clannad After Story, je me plaignais du début de la série avec ces arcs dédiés à des persos secondaires qui m'avaient saoulés parce que je me sentais pas attaché à ses personnages en question ? Bah là c'est pareil... en encore plus relou.

Bon ensuite un arc scénaristique commence, et là j'avoue que tout me mater d'un coup m'a bien aidé à pas abandonner purement et simplement le truc: l'épisode 20 et 21 sont des purges. Ca passe par tous les clichés possibles, on retrouve un putain de festival d'été avec des putains de feux d'artifices (que les héroïnes matent depuis un "putain d'endroit que peu de monde connaît"), des putains de poissons rouges, de putains de takoyaki, des putains de yukatas, des putains de masque... pareil qu'Endless Eight quoi... en aussi relou que les huits épisodes d'un coup. Y'a aussi ces trucs qui me faisait grave tiquer dans Index: des "messages d'urgence" qui trainent leur cul, des coïncidences FORTUITES, des deus ex machina dans tous les sens genre ça leur ferait chier de faire régner un peu de suspens sur l'état des persos... bref au secours quoi. Mais la fin de l'épisode 22 est prometteuse, l'épisode 23 déchire grave et l'épisode 24 est lui aussi franchement fendard. Grosso modo: la série aurait du être aussi intense que ses deux épisodes BORDEL DE MERDE. ON PARLE D'UNE SERIE AVEC DES GENS QUI ONT PLEIN DE SUPER POUVOIRS. DANS UNE VILLE MYSTERIEUSE. AVEC DES MILLIERS DE CERCLES D'INFLUENCE PARTOUT. DES TAS D'ORGANISATIONS DE PERSONNAGES. DES MYSTERES. DES PERSONNAGES ATTACHANTS QUI REGNENT SANS PARTAGE SUR LE GROBILLISME MONDIAL. ON DEVRAIT AVOIR UNE SUPER SERIE QUI PETE DANS TOUS LES SENS AVEC DE LA JUSTICE, DES GRANDS MOTS, LE POUVOIR DE L'AMITIE ET DE L'HUMOUR. ALORS PUTAIN POURQUOI LES TROIS/QUARTS DU TEMPS ON A JUSTE "LE POUVOIR DE L'AMITIE", LES HEROINES QUI FONT A BOUFFER POUR DES ORPHELINS ET LA VIE SENTIMENTALE RATEE D'UNE BINOCLARDE DONT ON EN A RIEN A FOUTRE ? POURQUOI TANT DE HAINE ?
Non parce que autant K-On! qui parle globalement peu de musique ça va on s'en fout on mate pas pour ça: mais Railgun qui parle globalement peu de pouvoirs abusés et de combats épiques alors que MERDE on mate ça pour ça c'est juste une HERESIE. AU BUCHER QUOI.

Misaka chercherait bien à s'excuser mais elle ne peut pas.

Ce qui est encore plus FRUSTRANT est quand au final on lit le manga et qu'on voit les chapitres "non adapré" qui sont en cours de parution et qui aurait donné un trus intéressant en anime, de qualité je sais pas mais intéressant certainement ! Beaucoup plus intéressant que ces dix épisodes de calvaires qui cumulent clichés embêtants, rythme mollasson et technique au rabais - pour du JC Staff. J'en aurais presque envie de déclencher ma Brooklyn Rage pour la peine.

Mais là encore le souci est qu'on pourrait se focaliser aussi longtemps qu'on le veut sur cette dizaine d'épisodes médiocres, ça n'empêche pas l'autre moitié d'être intéressante quand on ne prend simplement pas son pied devant. Eh oui au final on s'en rend compte vite: Railgun fonctionne bien MIEUX quand tout tourne autour... de "Railgun" / Misaka et ses pouvoirs, justement. Un peu comme dans Index d'ailleurs, où seuls les épisodes un peu centrés sur Misaka valait le coup, dingue non ?

D'ailleurs c'est dommage parce que le quatuor d'héroïnes est attachant. Evidemment ma favorite du lot est Kuroko et sa voix particulière assez unique, mais Misaka se débrouille pas trop mal comme héroïne car elle évite d'être trop... "Mary Sue" va t-on dire, alors qu'on aurait pu craindre cela d'un personnage principal juste grobill. Uiharu me plaît bien aussi, surtout pour son chara-design qui semble inspirer pas mal la réalisation (globalement le chara-design de la série n'a pas grand chose à se reprocher, tout comme la technique en général, le tout roule plutôt bien) tellement elle est un aimant à tronches rigolotes. Saten est assez essentielle mais y aurait gagné à moins répéter le discours du "pauvre level zero" qui est assené tellement régulièrement qu'on se demande si les écrivains ont conscience du fait qu'on a une mémoire. Enfin bref, ça marche plutôt bien, c'est surtout des personnages secondaires que ça pêche: si on excepte DEUX personnages qui fonctionnent excellemment bien (et pour cause: ce sont les deux principales antagonistes), le reste oscille entre le passable et l'interchangeable (et puis pourquoi faire TROIS binoclardes ? Pourquoi TROIS ? Non, même QUATRE. Pourquoi AUTANT DE PERSONNAGES A LUNETTES ET A LONG CHEVEUX BRUNS ? POURQUOI VOULOIR AINSI NOUS METTRE CONSTAMMENT EN DOUTE ? POURQUOI DES CHARA-DESIGN AUSSI SEMBLABLES POUR CES PERSOS ? AU SECOURS) quand il n'est pas juste navrant (au secours l'assistante d'AntiSkill bien relou quoi.) Enfin bref. Tous les efforts semblent avoir surtout été portés sur le quatuor et ça se voit.

Et effectivement deux personnages sortent un peu du lot: Telestima et Kiyama. Et pour une raison simple: elles aussi connaissent un peu de "développement" au cours de l'histoire, mais ce développement est naturel et ne fait pas aussi artificiel que ceux de l'épisode 13 à 18...
Puis j'avoue surtout kiffer grave Telestima pour une raison simple: sa seiyuu, Ohara Sakaya, a aussi officié dans le rôle de... Béatrice, d'Umineko No Naku Koro Ni. Et les deux personnages se ressemblant assez vocalement quand il s'agit de péter les plombs, ça donne un peu l'impression que parfois un peu de Rokkenjima vient s'installer à Academic City, ça fait un peu du bien.

Oh !
*cackle cackle*

Globalement, To Aru Kagaku No Railgun est un bon anime, qui possède deux ou trois très bons ingrédients dans sa soupe mais qui oublie trop souvent de nous la servir avec un peu de sel. L'avantage est qu'on est pas obligé de se subir Index (ou alors si vous voulez mater Index, chopez juste les quinze premiers épisodes et basta, ça fait du temps de gagné) donc du coup n'importe qui peut se lancer dans le truc et se faire son propre avis: il faut néanmoins être trèèès courageux pour se taper la succession d'épisodes chiants, mais ils sont au final assez dispensables donc au pire vous savez quoi faire. Le seul truc à subir ça serait le début du dernier arc qui est horrible mais qui donne sur un truc tellement cool que ça peut valoir largement le coup. Le principal problème de cet anime est surtout qu'il est très frustrant, pour les raisons dites plus haut: on sent que l'univers peut faire tellement mieux que ça. Je suis pas loin de penser que si la série se serait contentée de durer 13 épisodes et de compresser dans ces 13 épisodes un ou deux épisodes d'intro + l'arc Level Upper + l'arc final, ça aurait donné un truc vraiment très intéressant. Mais non, dommage, on se tape une moitié qui ne sert à rien. Mais bon...

Railgun05.jpg

... cäylavie !