nadia_semaine_thaliste_screen_1.jpgnadia_semaine_thaliste_screen_2.png

La force de Nadia repose aussi bien dans son fond que dans sa forme. Si cette dernière peut apparaître datée de nos jours surtout en milieu de série quand l’animation fut sous traitée en Corée pour cause de budget, le reste n’a quasiment pas vieilli. Les musiques sont magnifiques suivant sans fausse notes les différentes émotions de nos héros tout en collant au ton très « Jules Verne» de la série. Même la VF est surprenante de justesse malgré certains choix contestables et un bon nombre d’erreur. (Le fameux moteur auxiliaire !) . Les personnages sont quand à eux nombreux et, à l’exception d’un qui ne sert absolument à rien, ils sont tous beaucoup plus complexes, intéressants et auront un rôle beaucoup plus important qu’il n’y paraît de prime abord. Quand à la mise en scène, elle sait nous offrir de vrais GRANDS moments d’émotions impressionnants de maîtrise, notamment lors du fameux épisode 22 ou des 5 derniers épisodes. Cette mécanique d’exécution quasi parfaite restant consciencieusement au service de l’histoire qui reste le point central de la série et qui vaut à Nadia toutes mes éloges de par sa puissance et son intelligence.

Si les premiers épisodes de la série peuvent sembler un peu enfantin et sans grand rapport avec Jules VERNE (à l’exception des avions de Jean peut être), il serait assez trompeur de s’y fier. Partant d’une simple course poursuite entre les gentils héros et les méchants voleurs, le scénario se complexifie très rapidement et entrainera nos héros dans une spirale d’événements et à la découverte d’un univers dont le téléspectateur prend, en même temps que les personnages, conscience. En effet, Nadia est une série d’aventure dont on se rend véritablement compte de la profondeur qu’après l’avoir visionné en intégralité. Abordant des thèmes aussi variés que la responsabilité et les dérives de la science, le sens de la mort et de la vie , le pouvoir et la guerre ou le destinée, le scénario de Nadia est rempli de bon nombre de messages, certains très facilement accessibles (science sans conscience n’est que ruine de l’âme) et d’autres beaucoup plus fins. Le tout est amené avec un scénario qui multiplie les rebondissements à un rythme certes pas toujours parfait mais présents lors des moments importants et dont l’intérêt est rarement pris en défaut.

nadia_semaine_thaliste_screen_3.png nadia_semaine_thaliste_screen_4.pngnadia_semaine_thaliste_screen_5.pngnadia_semaine_thaliste_screen_6.png

Ainsi, Nadia est de ces séries avec laquelle il faut vivre et regarder consciencieusement tous les épisodes dans l’ordre pour maîtriser le puzzle complet. C’est une série qui est habité par ce que j’appellerais l’esprit d’aventure. Cette force qu’on retrouve dans la plupart des romans de Jules Verne. On prend des héros et on les fait évoluer en même temps que l’univers qui les accueille. Dans Nadia, on est typiquement dans ce cas là avec des adolescents qui grandissent en faisant face aux épreuves qui vont se trouver sur leurs chemins. C’est dans ces moments là, dans ses tragédies que la série est la meilleure tant ils sont amenés dans un ton souvent sans concession. C’est parfois violent, toujours brutal mais toujours brillants et clairement indispensables et maitrisés. Maîtrise toujours, la série sait aussi contrebalancer son côté sérieux en laissant place à de nombreux moments à l’humour mais aussi à la romance et parfois même à la tendresse. Indispensables là aussi à toute bonne aventure qui soit. D’autant que Jules Verne n’est pas simplement là que pour le style, du début jusqu’à la fin de la série, l’univers de Nadia croise et s’inspire profondément de celui de l’écrivain, principalement représenté par les événements et les thèmes abordés dans « 20 000 Lieues sous les mers ».

Mais au-delà de tout ce bilan flatteur , Nadia reste surtout une série extrêmement prenante et émouvante dont l’importance de l’impact n’a pas bougé pour votre serviteur depuis presque 10 ans. Certes le fait que ce soit le premier anime que j’ai regardé fausse sûrement un peu le curseur mais reste que Nadia m’a pris aux tripes comme rarement œuvre aura réussi à le faire. J’ai pleuré, j’ai ri, j’ai été choqué, j’ai été impressionné, bref j’ai été marqué.

Avec Nadia, Gainax a crée un monument de l’animation japonaise qui regroupe le meilleur du savoir-faire de son époque et qui a su puisé dans l’œuvre de Jules VERNE la plus pure essence de son univers et plus généralement du roman d’aventure. Une œuvre magistrale que tout amateur d’animation japonaise devrait avoir vu. A titre personnel, je n’ai que trop rarement croisé une série qui transpirait autant d’intelligence. Que ce soit par la puissance et l’universalité de son message, le mélange sans faute de ses différents aspects narratifs allant de moments dramatiques dantesques voire effrayants à l’humour et l’émotion de situations quotidiennes, ou l’immense travail effectué au niveau des personnages et du scénario. C’est aussi une série définitivement rare pour ce qu’elle porte en elle d’humanité et qui par ce biais atteint ce qui est selon moi, l’ultime objectif de toute histoire : arriver à faire vivre ses personnages de façon à toucher du doigt la limite qui sépare la fiction de la réalité et à laisser sa trace dans les deux.

Pour tout cela, définitivement et sincèrement merci.

PS :

nadia_semaine_thaliste_bonus_1.pngnadia_semaine_thaliste_bonus_2.png

Maintenant que vous êtes tous convaincu que Nadia est la best série ever made, je voudrais finir par un petit mot sur la diffusion de Nadia. . Tout d’abord, comme cela se faisait couramment à l’époque (au début des années 90), la série sera censurée dans quasiment tous les pays à l’exception de l’Allemagne qui doit toutefois se coltiner un doublage absolument désastreux. A ce titre, on ne remercia jamais assez toute l’équipe de Game One du début des années 2000, qu’on retrouve en grande partie aujourd’hui sur Nolife (il n’y a pas de hasard), et qui a réussit à produire une version restaurée de la série diffusée intégralement sur la chaîne notamment durant 4 « Nuits Nadia » , enchaînement de lots d’épisodes et de plateaux de présentation de bonus, absolument mythiques. Cas unique en son genre, cette version montée principalement par Cyril Lambin comblait les plus grandes lacunes de la version française. Réapparition des génériques originaux, apparition de crédits, remplacement de passages censurés par des bouts de la version original sous titrée, c’était un petit « miracle otaku » sans plus aucune existence légale de nos jours. Ce qui est encore plus un drame puisque la série n’est hélas jamais sortie en DVD mais seulement en coffret VHS avec la version française censurée il y a quelques années.